Prévention Harcèlement

Problématique :

Ci-dessous un article de Laure Caille sur le sujet du harcèlement scolaire.

Solution :

Parce que plus de 80% des harcèlements d’enfants et adolescents à l’école sont dû à l’image et la différence, nous avons mis en place un Atelier Image et Confiance en soi : « Eduquer à l’image et à la diversité, augmenter l’estime de soi et contribuer à réduire la souffrance chez l’adolescent ».

COMMENT PUIS JE LUTTER CONTRE LE HARCÈLEMENT À L’ÉCOLE ?

Une enquête nationale de 2011[1], révèle que 10% des collégiens rencontrent des problèmes de harcèlement à l’école, plus ou moins sévères. Le ministère de l’éducation nationale a fait de la prévention du harcèlement une de ses priorités : synthèses scientifiques, actions menées dans les établissements, création d’outils de sensibilisation, prise en charge de situation de harcèlement , mise en place de numéro d’appel.

Deux événements récents dans ma vie personnelle m’ont fait prendre conscience de ce grave problème de société qu’est le harcèlement à l’école. Mes enfants sont dans une école privée catholique. Un jeune garçon de la classe de mon fils (3ème) est victime du harcèlement d’un autre enfant. Mon fils ne m’en a jamais parlé et j’ai appris cette situation par personne interposée. Mon fils ne prend pas part concrètement au harcèlement mais il est un témoin passif et donc fait partie de cette tourmente par son manque de réaction. Par ailleurs, ma fille (seconde) a été victime de la haine et de la rancœur d’une de ses camarades de classe. J’ai pu constaté que par les réseaux sociaux, la violence verbale ne s’arrête jamais ! J’ai été obligée d’intervenir auprès de son professeur principal et tout est rentré dans l’ordre.

Le harcèlement à l’école se définit selon trois caractéristiques : la violence, la répétitivité, l’isolement de la victime. Il est basé sur le rejet et la stigmatisation de la différence qu’elle soit physique, sociale, culturelle, sexuelle. La violence peut être physique (coup, violence sexuelle, bousculade, obligation aux jeux dangereux, dégradation de vêtements ou matériel scolaire) et morale (injure, humiliation, mépris, intimidation, menace, chantage, exclusion). Avec les nouvelles technologies, une nouvelle forme de harcèlement est apparue : le cyber harcèlement (via les SMS, Facebook, vidéo et photos prises avec les portables et postées sur les réseaux sociaux).

Le harcèlement est un phénomène de groupe. Les acteurs du harcèlement sont de trois catégories : les agresseurs, les victimes, les témoins. La situation de harcèlement tient par cette relation triangulaire où chacun à un rôle. Le témoin par sa passivité devient complice et renforce la violence de l’agresseur. La victime ne trouvant pas de soutient chez ses camarades, s’enferme dans la honte et l’isolement. L’agresseur, en faisant de ses camarade témoins ses complices, installe une relation de domination collective sur la victime.

En dehors des mesures prises à l’échelle nationale, il est de notre devoir de lutter chacun à notre échelle contre le harcèlement à l’école. La première chose à faire est d’en parler autour de soi aux parents comme aux enfants : Briser la loi du silence (dans un cercle personnel et par l’intermédiaire de l’association de parents), informer des numéros d’appel mis en place pour les victimes, sensibiliser nos enfants afin de les transformer de témoin passif en témoin agissant (prévenir un adulte ressource : enseignants, parents), faire prendre conscience à nos enfants que le harcèlement est très traumatisant pour la victime et peut conduire au suicide. Les harceleurs et les témoins passifs n’ont pas forcément volonté de nuire (au début en tout cas). Le harcèlement peut commencer simplement par le rire.

En tant que parents, nous nous devons d’élever nos enfants dans la tolérance et l’ouverture aux autres. Nous devons lutter contre la violence véhiculée dans les medias de manière à ne pas la banaliser dans la tête de nos enfants.

En tant que conseillère en image, nous nous devons de partager nos connaissances avec le plus grand nombre afin de lutter contre la discrimination par le physique.

[1] MENJVA,DEPP : enquête nationale de victimisation au sein des collèges publics réalisée auprès de 18000 élèves, octobre 2011